Le risque de change apparaît dès qu’une entreprise encaisse, paie, emprunte ou investit dans une devise différente de sa monnaie fonctionnelle. Il peut transformer une bonne opération commerciale en résultat instable.
Ce cours explique comment mesurer une exposition de change et comment forwards, futures ou politiques internes peuvent aider à la couvrir.
Une variation de devise n’est pas un détail comptable. Pour un importateur, un exportateur ou une banque, elle peut modifier le coût réel, la marge et la valeur du bilan.
Identifier l’exposition de change
Une exposition transactionnelle vient d’une facture, d’un paiement ou d’un encaissement futur en devise. Une exposition de bilan vient d’actifs ou de dettes libellés en devise. Une exposition économique vient d’un modèle d’affaires sensible à la monnaie.
La première étape consiste à lister les montants, les devises, les dates et le degré de certitude. Une commande probable ne se couvre pas comme une facture signée.
Forward et futures de change
Un forward de change fixe un taux pour une date future avec une contrepartie. Il est souvent adapté aux montants et dates spécifiques d’une entreprise.
Un futures de change est standardisé et négocié sur marché organisé. Il apporte transparence et compensation, mais il peut être moins ajusté à la date exacte ou au montant exact de l’exposition.
Coût de portage et points de terme
Le taux à terme n’est pas une prévision simple du futur spot. Il reflète notamment les différentiels de taux entre devises et les conditions de marché.
Un trésorier doit donc distinguer le taux spot, les points de terme, les frais bancaires et les éventuelles contraintes de liquidité en devise.
Exemple d’importateur exposé au dollar
Un importateur doit payer 500 000 dollars dans trois mois. Sa marge commerciale devient fragile si la devise locale perd 8 %. Il décide de couvrir 70 % du paiement avec un forward.
Il fixe donc le taux sur 350 000 dollars et laisse 150 000 dollars ouverts. Si le dollar monte, la couverture protège l’essentiel du budget. Si le dollar baisse, il profite encore partiellement du mouvement favorable sur la partie non couverte.
Politique de couverture
Une bonne politique définit les seuils: quelles expositions couvrir, à quel pourcentage, sur quel horizon, avec quels instruments et avec quelle autorisation.
Elle évite les décisions émotionnelles. La couverture de change devient un processus de trésorerie, pas une série de paris sur les devises.
Le risque de change doit être mesuré par devise, date et degré de certitude.
Un forward est flexible; un futures est standardisé et compensé.
Le taux à terme reflète aussi les différentiels de taux.
Une couverture partielle peut stabiliser le budget tout en gardant une marge de flexibilité.